Au-delà du tourisme : investir dans les communautés locales pour protéger les espaces sauvages d’Afrique

NAIROBI, Kenya, le 3 Aout 2020,-/African Media Agency (AMA)/- Cela fait dix ans que Dixon Parmuya accompagne les touristes lors de safari dans le bush autour du parc national d’Amboseli, dans le sud du Kenya. Mais depuis que la COVID-19 a frappé le Kenya à la mi-mars, l’industrie touristique du pays s’est effondrée, laissant de nombreux habitants sans emploi et des animaux sans protection.

La pandémie de coronavirus est en train de créer ce que les experts appellent une crise de la conservation au Kenya, pays qui abrite certains des animaux les plus emblématiques d’Afrique. La plupart des programmes kenyans de protection de la faune et de la flore sont financés directement par les touristes et, avec la baisse du nombre de visiteurs, les fonds destinés à la conservation se tarissent, selon les experts. On craint également que le braconnage n’augmente, laissant la protection de la faune sauvage en suspens.

“S’il n’y a pas de tourisme, il n’y a pas de conservation”, explique M. Parmuya. Mais la pandémie encourage les pays à changer la donne.

Dixon Parmuya. Photo : UNEP / Georgina Smith

“On ne peut pas uniquement se reposer sur le tourisme”, affirme Doreen Robinson, chef de la section “Vie sauvage” du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). “Il faut trouver de nouvelles idées pour développer des sources de revenus pour soutenir directement les communautés locales et protéger les atouts naturels”.

En Afrique, le PNUE travaille en étroite collaboration avec les gouvernements et ses partenaires pour encourager les économies qui se reposent sur la vie sauvage, dans lesquelles les communautés locales jouent un rôle central dans la protection des zones de vie sauvage qu’elles habitent, pour le bénéfice mutuel des deux parties. Il s’agit notamment de dépasser du tourisme et attirer d’autres types d’investissements verts dans les zones de faune sauvage, comme l’utilisation des ressources naturelles pour produire des biens de consommation de manière durable. 

“Il faut veiller à ce que l’argent soit réinvesti dans les zones protégées locales et à ce que les bénéfices soient partagés avec les communautés qui protègent la biodiversité et la faune sauvage, car ces communautés créent les conditions d’une conservation durable à long terme au Kenya”, explique Mme Robinson.

Purity Amleset. Photo : UNEP / Georgina Smith

Purity Amleset est du même opinion. Elle fait partie d’une équipe de rangers entièrement féminine du Fonds international pour la protection des animaux qui s’efforce de sensibiliser à l’importance de la faune sauvage pour l’économie du Kenya et son identité.

“En tant que ranger, je crée un environnement favorable entre les animaux sauvages et ma communauté. Je viens de cette communauté, donc ils me comprennent bien quand je leur parle de l’importance de la vie sauvage”, dit-elle.

Chaque année, le 31 juillet marque la Journée mondiale des rangers pour rendre hommage aux rangers du monde entier qui chaque jour risquent leur vie pour assurer la conservation de la vie sauvage.

Les rangers de l’équipe Lioness du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) s’entretiennent avec la communauté du parc national naturel d’Amboseli. Photo : PNUE / Georgina Smith

Distribué par African Media Agency (AMA) pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnement.